Eric Lorho - Concessionnaire LIPPI à Lanester

Eric Lorho (Lippi Lorient/Lanester) :
« J’ai tout de suite ressenti une attirance mutuelle sur nos projets respectifs, finalement atypiques »

Au terme d’une longue carrière dans l’industrie auprès de leaders mondiaux, Eric Lorho a ouvert sa concession Lippi à Lorient/Lanester début 2018. Il a construit sa nouvelle vie en reprenant des études sur la gestion d’une entreprise à l’âge de 44 ans. Portrait d’un cadre exemplaire, dont la soif de connaissances est aujourd’hui étanchée à son propre profit.

Un poste temporaire, ouvrant sur 15 années riches en acquisition de compétences

Après un BTS Génie climatique, Eric Lorho songe logiquement à intégrer un bureau d’études. En acceptant un premier emploi d’ouvrier dans l’attente de décrocher un poste correspondant à sa formation scolaire, il démarre en 1995 une longue carrière au sein d’un fabricant de mobilier hospitalier mondialement connu, à Pluvigner dans le Morbihan.

« Cette entreprise offrait de réelles possibilités d’évolution. Après une année sur les chaînes de fabrication, je suis devenu technicien « méthodes et organisation » sur l’activité Métallurgique, en particulier sur le traitement de surface et le revêtement de peinture.

Six ans plus tard, je mets en place les procédures et équipements liés à la sécurité des biens et des personnes sur le lieu de travail, ainsi que les actions en matière de protection de l’environnement, aussi bien sur notre site de production de 450 collaborateurs que sur l’ensemble des agences de l’entreprise en France.

Ce poste nécessitait la connaissance à la fois du terrain et de la législation. Il me donnera ensuite accès, dans le cadre d’un remaniement global de l’organisation de l’entreprise, à une fonction de superviseur de production, avec 25 à 60 personnes à manager selon le niveau d’activité. Il fallait alors redéfinir l’entreprise du futur, en appliquant les méthodes d’organisation industrielle d’amélioration continue du lean manufacturing », indique Eric Lorho, concessionnaire Lippi à Lorient (Lippi Arvor Clôtures).

6 ans au sein de Michelin

En 2010, en quête de davantage de responsabilités et d’une meilleure rémunération, Eric Lorho choisit de changer d’entreprise.

« Ma première expérience professionnelle m’avait permis, durant une quinzaine d’années d’acquérir progressivement de nouvelles compétences, en termes d’organisation du travail et de management.

Je souhaitais partager ces connaissances avec une autre entreprise. J’avais l’envie de me mettre en danger en explorant mes limites. Je me suis engagé comme responsable de production, dans une tôlerie industrielle travaillant en sous-traitance pour l’automobile, à Laval, loin de mes enfants. Mais le management appliqué dans cette exploitation était trop éloigné de mes valeurs et ne correspondait pas exactement à la description réalisée au moment de mon embauche…

Après une rupture conventionnelle, j’intègre Michelin en tant que responsable d’ilot de fabrication, au tréfilage et à l’assemblage des câbles métalliques composant la structure radiale des pneus. Cette entreprise familiale avait engagé une démarche intéressante de responsabilisation de ses salariés et cherchait à évoluer vers un management participatif », souligne Eric Lorho.

Précieuse formation au métier de chef d’entreprise

Parallèlement à ces années Michelin, Eric Lorho se prépare à devenir responsable de service ou chef d’entreprise, à travers des formations.

« Dans l’adolescence, je rêvais d’ouvrir un salon de coiffure, en raison de la proximité avec la clientèle et de ma volonté de diriger une structure à taille humaine. Au début des années 2000, j’ai cherché à capitaliser sur une compétence technique issu de ma formation scolaire, que je perdais à l’époque. J’ai étudié la possibilité de devenir artisan électricien, avec une activité de plomberie, accompagné par la Chambre des Métiers de l’Artisanat. Des événements personnels familiaux m’ont fait abandonner cette première véritable tentative de créer mon entreprise.

En 2015, après un bilan de compétences et devant les faibles opportunités d’évolution en interne, j’ai entrepris, en parallèle de ma vie professionnelle, une reprise d’études avec le CNED, une formation en e-learning. J’ai obtenu un Diplôme Universitaire Capacité en Gestion des Entreprises, puis l’année suivante, j’ai approfondi mes connaissances sur la partie financière avec une Licence en économie-gestion parcours Management des Entreprises avec l’IAE[1] de Caen.

Ces études ont donné une légitimité à mon projet entrepreneurial, lors de sa présentation au franchiseur, à des établissements bancaires ou à des organismes délivrant des prêts d’honneur. Elles m’ont permis aussi de ressentir le soutien de ma femme et de mes enfants, car tous mes week-ends étaient consacrés à l’apprentissage de nouveaux savoir-faire. Cet investissement était aussi personnel que familial, et mes proches ont contribué à ma reconversion », observe Eric Lorho.

Attirance mutuelle entre projets atypiques

En 2017, il étudie le marché de la création de l’entreprise pour se mettre à son compte.

« J’ai d’abord voulu reprendre une entreprise, telle qu’un atelier dans la métallurgie, avec une activité proche de mes compétences techniques. Mais j’ai estimé que je ne pouvais réunir les fonds nécessaires à cette opération. J’ai ensuite envisagé la création pure, mais je ne disposais pas d’une idée originale sur un produit ou service n’existant pas encore.

Je me suis alors tourné vers les enseignes, qui apportent un concept prêt à être appliqué. J’ai vraiment épluché toute la connaissance en ligne sur le système de franchise, avant de me rendre à Franchise Expo Paris. J’ai eu des échanges avec des enseignes de services à la personne. C’est une longue discussion d’une heure et demie sur le stand Lippi avec Julien Lippi qui m’a convaincu de rejoindre le réseau de concessionnaires de cet industriel.

Le management participatif de l’entreprise, le souci de la qualité, de l’environnement et de la sécurité, la fabrication des produits en France, une vision similaire de l’entreprise… J’ai tout de suite ressenti une attirance mutuelle sur nos projets respectifs, finalement atypiques, alors que je n’étais issu ni du monde du services, ni du secteur du bâtiment », explique Eric Lorho.

Cohérence entre les paroles et les actes de Lippi

Après avoir terminé ses études, Eric Lorho effectue la journée Découverte de l’enseigne au siège Lippi à Mouthiers-sur-Boëme.

« Cette rencontre de mes futurs interlocuteurs du réseau, tous extrêmement investis dans le projet, ainsi que la visite des ateliers de fabrication, ont confirmé tout ce qui était écrit sur Lippi ou dit par Julien Lippi. Il n’y avait pas d’incohérence entre le discours de l’enseigne et la mise en œuvre autour de son concept.

Ma femme m’accompagnait durant ce moment décisif. Elle avait bien appréhendé mon besoin de changement dans ma vie professionnelle et connaissait Lippi à travers ses études en ressources humaines, ayant étudié les entreprises avec un management participatif. Tout en conservant son poste salarié, elle est aujourd’hui actionnaire sous forme d’apport en industrie dans Lippi Arvor Clôtures. Elle m’accompagne notamment sur la partie Ressources Humaines et Responsabilité Sociétale de l’entreprise », précise Eric Lorho.

Accompagnement indispensable par un expert-comptable

Eric Lorho s’attache avec rigueur au montage de son projet entrepreneurial.

« L’accompagnement d’un expert-comptable local, à travers le partenariat national entre Fiducial et Lippi, a été un énorme atout au démarrage, à toutes les étapes, de l’étude de marché à l’obtention de mon crédit professionnel. Cette personne s’est investie bien au-delà du nombre d’heures initialement prévues.

Nous avons construit ensemble le budget prévisionnel de l’entreprise. Elle était présente à chacun de mes trois rendez-vous avec une banque pour compléter les explications pour les éléments sur lesquels j’étais le moins à l’aise. Elle m’a orienté vers Initiative Pays de Lorient, pour décrocher un prêt d’honneur et augmenter ainsi mon apport personnel. Pour un chef d’entreprise, il est indispensable de se faire accompagner par des experts dans tous les domaines, car cela évite de se disperser.

Après une demi-douzaine de visites, j’ai rapidement trouvé le local « idéal » : à la fois proche de la nationale à 4 voies, du plus grand centre commercial de la région et d’un regroupement d’industriels du bâtiment, avec comme conséquence un fort passage de véhicules devant le bâtiment. Problème : ce local avait une taille deux fois supérieure à mes besoins pour le show-room et l’entrepôt de stockage. J’ai réussi à négocier avec son propriétaire, à la fois séduit par mon projet et l’enseigne Lippi, de n’exploiter que la moitié de la surface », décrit Eric Lorho.

Une semaine de formation à la carte

En février 2018, Eric Lorho débute sa formation initiale Lippi.

« C’est un passage absolument indispensable quand on n’est pas issu du secteur du bâtiment, grâce à des intervenants spécialistes de leur domaine et une complémentarité entre les niveaux de futurs concessionnaires qui enrichit l’enseignement dispensé. La dernière semaine des 4 semaines de formation, dont le contenu est à la carte, permet en plus d’acquérir ou de renforcer certaines compétences.

Fin mars, au Salon Habitat Viving Lorient, j’ai exposé sur un stand de 27 mètres carrés, une taille peu commune sur mon secteur d’activité, pour me faire connaître localement. Delphine Simard, en charge du développement du réseau de concessionnaires Lippi, était présente durant trois jours, dès l’aménagement du stand, notamment pour conseiller les clients potentiels. Son accompagnement bienveillant va nous permettre de reproduire le savoir-faire sur d’autres futurs salons.

D’une manière générale, l’enseigne nous montre la direction à suivre pour que nos efforts portent leurs fruits, et comment atteindre nos objectifs en suivant ses recommandations et en nous appuyant sur ses services, en particulier la communication. Lors de l’inauguration de mon local commercial, le 27 avril dernier, l’envoi d’un communiqué de presse par Lippi a entraîné la venue de deux journalistes locaux à un événement réunissant une centaine d’invités, dont un de mes confrères concessionnaires.

Peut-être dans le futur, l’enseigne pourra nous attribuer un concessionnaire « parrain », le plus proche en méthodes et organisation à l’entreprise que l’on souhaite développer. L’une des forces de notre réseau est aujourd’hui de pouvoir communiquer avec ses pairs sur des éléments pratiques, liés au terrain, tels que la constitution d’un devis ou la politique de prix », signale Eric Lorho.

Rester curieux

A 47 ans, Eric Lorho a changé de vie.

« L’épanouissement personnel, je l’avais déjà. Il ne me manquait plus que l’épanouissement professionnel. Depuis que je me suis lancé dans l’entrepreneuriat, mon visage rayonne, c’est une autre vie qui commence.

J’envisage à terme de développer sur un territoire limitrophe, pour capitaliser sur les équipes de pose et sur le nom Lippi Arvor Clôtures. Je me suis bien entouré au démarrage pour pouvoir me consacrer au développement commercial et continuer de communiquer auprès de mon environnement économique.

Il faut rester curieux, ne pas hésiter à frapper aux portes. Par exemple, en jouant au client mystère avec ses concurrents pour comprendre leurs méthodes de travail et leurs réponses à la clientèle, afin de mieux se positionner sur le marché local. Ou encore en adhérant à des clubs d’entrepreneurs », conclut Eric Lorho.

[1] École Universitaire de Management : elle forme des étudiants et des salariés à la gestion d’entreprises